| concours

11.08.2003

quarante-cinq

voila. je l'ai revue, ce soir. chez elle, chez ses parents. j'ai posé des questions, j'ai aussi redit ce que j'avais sur le coeur. j'ai exigé des mots plus clairs. je ne les ai pas eu. tant pis, j'ai dit que je ferai avec. que toujours pas de mots clairs après plus d'un an... et pourtant les choses semblent si claires, pour elle, dans sa tête.

puis j'ai pris congé, rapidement. presque en queue de poisson. évité, les derniers contacts corporels. elle se tenait pourtant près de ma portière, comme pour une répétition d'au-revoir déjà fait. j'ai évité tout contact. je l'ai interrompue. j'allais dire quelque chose. je vais... mais j'ai achevé ma phrase d'un geste. las.

j'ai fermé la portière et j'ai commencé à pleurer, mais déjà, j'avais démarré. j'ai pleuré tout le trajet namur-bruxelles, j'ai crié aussi. j'ai pensé aux obstacles, si durs, au bord de la route, et qui m'appelaient.

je ne sais pas si je suis venu à bout de cet espoir qui m'habitait toujours. je sais que je me sens mal, à nouveau. si mal. envie de ne pas aller bosser, de donner mon préavis, partir... partir... ne voir personne. ou alors dire la vérité, à ceux que je cotoie, et de qui je me cache.

si je dois revenir écrire sur ce blog, il ne recueillera que les quelques mots que je lui destinerai, à elle, à l'occasion, et que je m'interdirai désormais de lui envoyer.

jamais je ne pourrai me remettre de tout cela, jamais je ne pourrai aimer qui que ce soit d'autre. jamais je ne cesserai de l'aimer, elle. et si je ne fais pas tout cela naturellement, je me forcerai, je le ferai consciemment et volontairement.

ce soir, je suis presque arrivé à perdre celle que j'aime et qui ne m'aime pas. elle ne m'aime pas. elle ne m'aime pas. elle ne m'aime pas. je ne crois pas que je puisse un jour me convaincre que nous ne soyons pas fait l'un pour l'autre.

ce jour ne pourra sans doute signifier autre chose que...

09.08.2003

quarante-quatre

là, ça va. avant qu'elle n'arrive, j'étais confus, mal à l'aise, et surtout nerveux. mais c'est passé. expérience ou tentative ratée: après trois mois de black-out total, nous retombons dans les bras l'un de l'autre tout à fait naturellement. souper, concert privé, nuit, matinée.

je me sens très bien. je ne regrette rien. pas encore. peut-être tout cela se transformera en une confusion encore plus grande... je vais pas me torturer à l'avance, je sais que je ferai ça très bien le moment venu.

maintenant la question c'est: j'écris, j'écris pas ? j'en redemande ou pas ? ça aussi ce sera pour plus tard.

le fait est, indéniable, que je ne suis pas prêt à m'épargner la moindre douleur ou tristesse si elles doivent accompagner ou suivre ces moments passés avec elle.

07.08.2003

quarante-trois

[...] je déchiffre, sous les grosses lettres du DEMENAGEMENT, un timide départ O., au crayon. alors ça y est, tu es parti. tu es même déjà là-bas.

c'est le même sentiment qui me reprend, quand tu pars. quand je sais que tu n'es plus là. et je ne sais toujours pas pourquoi. je crois que j'aurais voulu t'entendre, te souhaiter bon voyage, simplement. ce soir je pense à toi, et tu ne le sais même pas.

tes mots. j'en suis tellement imprégné. cette lettre... si simple et pourtant si incompréhensible, finalement. d'un côté je pourrais te reprocher de t'être laissée aller à l'écrire. et d'un autre côté, pourquoi douterais-je de ces mots, que tu as écrit si spontanément, et en réponse à aucune interrogation de ma part. de toute façon c'était il y 4 mois. et depuis...

je revis et revois ce baiser en apesanteur qui m'a tant ému. je flotte, mon amour, en y pensant. demain, sans doute je te dirai mon amour pour la dernière fois. sans doute écrirai-je ensuite quelques derniers mots ici. tu retourneras à ta vie de maintenant. et je tenterai de m'en inventer une nouvelle, sans toi, sans toi.

et puis tout sera fini, enfin.

quarante-deux

2h40. je rentre, enfin, crevé. il me fallait ça sans doute, pour me préparer à la soirée de demain. demain je te vois, princesse, je ne sais pas encore pourquoi. pour confronter ce qu'il me reste d'espoir? ou plutôt me prendre la dernière claque qu'il me faut pour guérir...

merci à gégé et sylvie pour cette soirée, ce litre de mojito, et le reste. merci pour avoir partagé ma désinvolture, ma folie et ma légèreté de ce soir. sereine insouciance avant ce qui m'attend demain.

pourquoi la voir alors? pour savoir, pour me rendre compte qu'il n'y a plus d'espoir, pour me rendre compte aussi que je ne supporterai pas le fait que nous soyons simplement amis. allez, soyons franc: la voir parce que j'en meurs d'envie, je veux la voir, l'entendre, lui parler, être avec elle, dans la même pièce.

vraiment, il faut que je dorme. j'ai un peu peur.

05.08.2003

quarante-et-un

[...] je me cognais partout. je crus que c'était par fatigue. dans la rue, je heurtais les gens; chez moi, j'avais du mal à passer les portes, comme un homme ivre - mais je ne buvais presque pas.
retour à bruxelles

vincent delecroix

impression de faire tout n'importe comment. avec tout le monde. ne pas savoir m'y prendre. commen l'été dernier, comme en novembre. comme en mai peut-être. je découvre des attentes autour de moi, des reproches, des silences tout aussi surprenant. chuis à la rue, à la masse, à la mer. comment je peux me perdre comme ça. et merde. les mots me manquent pour décrire ce que je ressens, là. alors ce sera merde, merde et encore merde.

quarante

mardi. 18h. dans quelques minutes, tu seras en chemise de nuit, devant la télé, épuisée par ton dernier stage. et on se parlera, je suppose, ce soir ou demain. pour se voir, se revoir, cette semaine. moi, je reviens de la piscine, je reviens avec mes pensées, des idées. je suis calme et souriant. peut-être que je ne dois pas guérir de toi en transformant mon amour en haine ou en rancune. après tout tu n'as jamais agi de manière méchante, hypocrite ou inconsidérée. je vais guérir en te disant merci.

je voudrais te dire vendredi que je vais bien, ou en tous cas que cela n'a plus trop d'importance. je voudrais te dire merci, pour nous, et par-dessus tout, pour ce que tu as inscrit en moi. certaines choses ont changé en bien chez moi, un peu grâce à toi. d'un côté grâce à ce que tu es indépendament de moi, et d'un autre côté grâce à l'amour que tu m'as donné et que tu as fait naître en moi. merci aussi pour m'avoir montré ce que pouvait être une relation. nous avons placé la barre assez haut tous les deux, dans la qualité. peut-être un peu trop haut? reste à travailler la durée.

pour l'instant le regard que je jette vers tout cela est encore triste; pourquoi tout cela n'aurait-il pas pu continuer? mais j'espère que bientôt il sera simplement un merci silencieux.

tout ça est décousu, non?

04.08.2003

trente-neuf

5h. 6h. 7h. quelques oiseaux, quelques voitures, quelques notes. tu es là, dans mon rêve, puis dans mon esprit, puis tu te matérialises, enfin, mais en coulant sur mon visage. D'abord nous marchons dans des couloirs de métro, quelques mots, et tu cherches déjà sur les murs l'heure de départ d'un train vers Paris; est-ce que notre rencontre sera si courte? Ensuite, je me retourne et me retourne encore, dans un effort pour rester calme, et pardonner mon esprit qui cristallise ton absence dans des rêves épuisants. Enfin, je m'abandonne, et tu apparais sous mes yeux dans deux larmes -pas plus- qui roulent si doucement sur mon visage presque horizontal. Ne pas bouger, ne pas tourner la tête, et attendre confiant qu'elles se soient asséchées dans leur course vers l'oreiller, qu'elles n'atteindront jamais.

30.07.2003

trente-huit

la pluie me fait pleurer ce matin, alors que je m'éveille un peu plus tôt que prévu. c'est pas que je sois triste de ce temps, au contraire. c'est que les images qui me viennent sont celles, passées, où nous partagions le bonheur de ces journées humides.

extérieur jour, nous courons dans la petite rue, vers la porte d'entrée, et nos chaussures à semelles plates claquent sur le tarmac humide. nos visages parsemés de goutelettes sont lisses et souriant. tes cheveux mouillés dégagent un parfum plus rafraichissant encore. plus rafraichissant qu'une nature verte sous la pluie.

intérieur jour, nous sommes étendus l'un contre l'autre. le parfum de nos boissons chaudes, posées sur la table de chevet ou le bureau, lutte amicalement avec les odeurs de ville mouillée qui entrent par ta fenêtre, grande ouverte sur la pluie.

28.07.2003

trente-sept

je viens ici quand la tristesse me submerge, parfois pour quelques instants, et que je veux la mettre par écrit. mais cette fois-ci, ca va, et je ressens pourtant l'envie de laisser quelques mots.

je t'écris, tu m'appelles, je t'écris encore, tu réponds. tout semble à nouveau si naturel. on va se voir. on va savoir. dans quelle mesure nous devenons lentement étranger l'un à l'autre. ou pas. je ne sais pas comment tu vis, en ce moment, et tu ne sais rien de comment je vis ces deux derniers mois.

en attendant je me sens bien, calmé du manque de toi. car à présent, c'est de la patience qu'il me faut pour attendre notre prochaine rencontre, et non du courage pour tenter d'oublier la dernière.

si j'osais:... à bientôt.

26.07.2003

trente-six

et cette plante, cet être vivant qui revit, inlassablement. j'ai beau ne pas en prendre tout le soin qu'il faudrait, l'oublier, souvent, et ne jamais lui parler, elle est là. plusieurs fois je l'ai vue jaune et prête à s'éteindre. et à chaque fois elle a repris sa belle couleur verte. et si l'une de ces grandes feuilles si caractéristiques se voyait définitivement perdue, une autre, jeune et forte, émergeait du centre pour prendre le relais.

je l'ai regardée. en pensant à toute sorte de choses. comme un point de départ pour une promenade aléatoire, dans les idées qui surgissent. au départ, souvent toi. et puis... le reste.

elias. elle est comme un enfant que tu m'as abandonné devant la porte, accompagné d'un prénom, sur un bout de papier. elias est là. comme un cadeau de célibat, à un moment où tu pensais sans doute ne pas me revoir. et pourtant, il y eut février et puis...le reste.

24.07.2003

trente-cinq

appel. elle a appelé. court, quelques minutes. on va se voir, dans deux semaines. boire un verre, se donner des nouvelles... tout ce que je me suis refusé à faire toute cette année. ne voulant pas m'en faire une amie.

d'un côté l'envie de la voir, de l'entendre, de lui parler, et de l'autre, l'idée que peut-être la solution passera inévitalement par une rencontre neutre. deux bonnes raisons d'accepter donc.

jamais depuis un an nous n'avons pu passer une heure sans qu'elle ne devienne un week-end, de retrouvailles, presque sans paroles. à cause de son manque de détermination, bien sûr, pourquoi aurais-je dû en avoir ?

suis-je déterminé cette fois-ci ? au moins déterminé à ne rien dire de mes sentiments, ne pas en rajouter. elle les connaît, comment puis-je en douter ? j'espère que j'en serai capable.

car déjà, depuis cet appel, l'envie lancinante de la voir maintenant, pas dans deux semaines, de l'entendre, ce soir, pas demain...

et ma tête, mon front, contre son épaule...

23.07.2003

trente-quatre

décalage. au début je croyais que j'étais distrait. mais en fait je suis un peu décalé par rapport au reste du monde ou des gens ou quoi ? jamais je n'ai eu autant envie, ni besoin de rentrer, de parler et de connaitre d'autres personnes. et jamais pourtant ne me suis-je senti si étranger à tous ceux qui m'entourent. peut-être que les deux sont inévitablement liés ? comme une réaction instinctive, de survie sociale.

dois-je me forcer ? quand tous les conseils reçus me semblent tous contraires à la direction dans laquelle je sens que je dois aller, et dans laquelle je continue d'aller. une fuite, une poursuite, ou la promesse de retrouvailles ecrivais-je ici-même il y a quelques temps. le voilà le problème. si vous me dites que jamais je ne la retrouverai, alors je vous rirai au nez, tenterai de vous convaincre, ou vous tournerai simplement le dos, mais jamais, jamais je ne me ferai à cette idée.

larmes, et décalage.

17.07.2003

trente-trois

je suis un garçon très sensible. je suis très déterminé aussi, dans les choses que j'aime. je peux être passionné, pour un sujet, un film, une chanson, ou une personne. j'aime faire des surprises, je suis sensuel, je suis très amoureux, je suis un tout petit peu jaloux, mais j'essaie de savoir quand le garder pour moi et quand le montrer un peu. quand j'aime et que je suis aimé, je ne suis pas collé à celle que j'aime, mais parfois si, et on me le reproche. quand je ne suis pas avec celle que j'aime, je n'ai pas automatiquement besoin d'être avec d'autres personnes. je peux apprécier des soirées, des nuits, seul. j'aime parler, communiquer, mais j'aime aussi énormément les silences, les regards, et la communication par geste. je peux partir en vacances avec elle, ou séparement. je peux être d'accord sur certaines choses et pas sur d'autres. je suis distrait, parfois j'oublie des choses importantes, parfois je n'écoute pas ce qu'on me dit... mais je peux écouter attentivement aussi, une nuit entière s'il le faut. j'aime faire les choses convenablement, j'adore inviter des amis, pour un repas ou une nuit, j'adore les vie en communauté, j'adore les nuits passées en solitaire à l'autre bout du monde, je passerai une vie entière avec celle que j'aime. j'essaie d'être juste, et honnête.

je pense que je suis quelqu'un de très bien.

t'es d'accord je sais. tu me l'as suffisamment dis. et bien sûr il n'y a pas de raison à tout ça, sinon que tu ne m'aimes plus assez. ben je devrais comprendre: après tout, je crois à l'amour, aux sentiments vrais et durables. alors je devrais accepter, que parfois ça s'en va comme s'est venu, sans qu'on puisse donner plus de raisons.

ben je suis désolé, mais j'y arrive pas. voilà.

trente-deux

j'ai rêvé de toi cette nuit. par deux fois. c'était étrange. j'ai aussi rêvé d'avions qui tombaient comme des mouches. j'étais dans le dernier avion à avoir pu se poser presque normalement. sain et sauf au sol, j'observais avec horreur les avions successifs rattrapés par la gravité, tout à coup aux moteurs impuissants, et qui chutaient, sans bruit, vers le sol.

et toi tu me retrouvais, rescapé. je ne me souviens plus de tes mots, dans ces rêves.

pas une semaine sans que je ne tente de me convaincre de ne plus penser à toi, de me faire la promesse de ne plus t'attendre, ou te chercher. je me bats, tu sais.

pas une heure sans que je pense à te dire quelque chose, à partager une phrase lue, une image, ou une personne croisée.

et cette nuit, à nouveau une étape, un pas de plus, une résolution prise. puisque tu ne réagis pas à mon message, alors c'est que quelque chose a changé par rapport à toute cette année. et je décide, une fois de plus, de ne plus t'écrire.

et toujours, dans ma mémoire, cet instant, il y a presque trois mois, où nous nous sommes vus pour la dernière fois...

la dernière fois que nous nous sommes vus, elle s'est penchée sur moi, m'a dit de prendre soin de moi et a posé sa bouche sur la mienne. je crois que sa main s'est attardée sur ma poitrine. elle s'est écartée, j'ai fermé la portière et je suis parti.

je ne peux pas croire que c'était la dernière fois.

15.07.2003

trente-et-un

coeur à la dérive. mais je flotte. je me sens si fragile. comment puis-je être convaincu que je vais pouvoir aimer, un jour, à nouveau, aussi entièrement. je dois me tromper.

rien. rien de sa part. elle a peut-être même pas lu. j'ai tellement envie de l'entendre. c'est incroyable comment elle me manque. envie de l'appeler, quitte à me prendre une gifle dans la figure. j'ai rencontré quelqu'un. aïe, ça fait mal. que dois-je faire ? où dois-je aller ? que dois-je manger ? pour l'oublier...

décrochage.

14.07.2003

trente

pas de nouvelles, bonnes nouvelles. elle a lu, sûrement, mon message. elle n'y a pas répondu. est-elle aussi occupée ? s'est-elle jetée ce week-end dans l'oubli, ou ne voulait-elle simplement rien me dire. a-t-elle eu enfin, la force de ne rien me dire ? me laisser. ne plus se parler ni s'écrire. ce moment, attendu et redouté, où elle témoigne de sa décision, avec fermeté, mieux qu'elle ne l'a jamais fait durant ces douze derniers mois. oh, comme je le redoute.

j'ai appris sa réussite, par hasard. le genre de nouvelle que j'aurais aimé avoir d'elle, et que j'imagine, faussement peut-être, elle a dû avoir envie de me donner.

maigre tentative ce week-end, d'être léger, et d'aller vers une autre. j'ai été stupide.

synthèse de mon immobilité depuis le début de ce carnet. elle vit de mieux en mieux sans moi, je suis triste. je l'aime. elle me manque terriblement.

no comment, c'est ça ?!

12.07.2003

vingt-neuf

les rideaux sont ouverts. les autres voiles blanc sont relevés. suspendus. et la lumière entre, sans concession.

la poussière qui dansait entre ses doigts fins est lentement retombée. tout est ouvert, visible, offert. je nettoie, distraitement, oubliant dans l'eau et le vrombissement de l'aspirateur, le rêve, encore, qui m'a éveillé à l'aube.

mais soudain mon regard se pose sur le matelas. il est clair, il est nu, offert lui aussi aux rayons du soleil, sur une bonne moitié.

et soudain tu es là. étendue. le soleil se pose sur ton mollet, ta cheville et ton pied. je vois chaque détail de ta peau, à ces endroits. je la connais. tu es encore à moitié endormie, tes cheveux bruns en couronne sur le drap mousse blanc.

et ton odeur. par quel mécanisme incontrôlable puis-je soudain me rappeler avec autant de précision l'odeur et le toucher, de cette scène, que nous avons vécu tant de fois.

tu t'éveilles doucement, tes orteils, tout ton pied, d'abord, et la jambe ensuite. sous la caresse du soleil, nous nous sommes éveillés, tant de fois.

le soleil me caresse encore, souvent, bien sûr. mais c'est plus pareil.

11.07.2003

vingt-huit

déphasé. non soulagé. le week-end est là. destructuré. j'en ai perdu, gâché, oublié tant, de week-ends. négatif, négatif. et cette douleur. ça s'annonce mal. seul, là-dedans. l'autre fois, je me suis battu pour en sortir de ce week-end. j'y étais coincé. et là, je glisse, je glisse, et rien à quoi me rattraper. impression que tout ce qui m'entoure tombe avec moi. et toi t'es où ?

toi t'es où qui ne veux pas me faire souffrir ? toi qui souffres aussi de tout ça ? toi qui ne sais pas, ne sais plus, ou ne veux pas savoir. toi qui as renoncé, sans comprendre toi-même.

peut-on aimer et haïr en même temps?

je t'aime et à cet instant, je ne suis pas sûr de pouvoir y renoncer, même si c'était possible. je suis tellement heureux de t'avoir aimé et de t'aimer encore. mais peut-être que je m'en veux, que je me maudis, en constatant qu'à côté de ça, je suis simplement incapable de te haïr...

10.07.2003

vingt-sept

vide. je me sens vide ce matin. un peu usé, à plat. la musique ou les mots qui me touchent, me réveillent ou me donnent de l'énergie, tout cela semble s'arrêter à quelques centimètres de moi. et ne pas pouvoir y pénétrer. agir.

à peine jeudi, et j'ai besoin du week-end déjà, de cette brisure. à peine juillet. à peine deux mois. à peine trois jours depuis mon message. je n'espére pas de réponse tout de suite.

qui sommes-nous encore face à ces relations qui nous ont fait tout vivre et tout perdre ?

oh, comme tu me manques.

larmes.

09.07.2003

vingt-six

la lune est floue ce soir. une lumière si diffuse que visiblement, elle se dissout dans les nuages. lune effervescente. moi j'ai marché, dans cette lumière. en jetant des coups d'oeil furtifs vers mon reflet qui glisse sur les vitrines et les portes d'entrées.

je nous revois, marchant côte à côte dans la chaussée d'Ixelles. grand pas, petit pas. un battement, lent et confiant. ces trottoirs-ci ne sont encore rien pour moi. mais les trottoirs tant aimés se déroberont-ils à mes pieds, comme elle se dérobe à moi, si je tente de les parcourir ?

retrouver, retrouver la spontanéïté de ce moment, il y a trois ans. sur cette colline. nous étions si bien. et elle était sûre que j'allais l'embrasser pour la (presque) première fois, à cet instant. elle devait me le dire plus tard. mais je n'y songeais même pas. retrouver, retrouver, avec elle. ou une autre ?

effervescence.

07.07.2003

vingt-cinq

ca y est. j'ai écrit. un petit message. combien de temps avant une réponse ? je ne sais pas. quelques jours sans doute. passe pas son temps connectée. je me demandais comment son coeur allait battre quand elle lirait mes quelques mots. de simples mots: quelques nouvelles, quelques interrogations, sans réellement poser des questions. pas de réponse demandée en fait.

je ressens une espèce de soulagement. celui de lui avoir une fois de plus confié une idée, et fait un signe. un peu de sérénité. mais je sais aussi que le risque est grand. que la réponse, si elle vient, pourait surprendre. blesser.

je souris. on ne tire pas sur une ambulance. quelqu'un disait ca hier.

vingt-quatre

je trouve pas le sommeil, où l'ai-je mis ? j'ai perdu mon calme, où est-il passé ? je suis plein de pensées et de désir pour elle. je repense à nos étreintes. et toujours, encore, sa main sur ma joue. avant, pendant, après. je souris. elle souris. elle dort, quelque part, seule, et fugitivement je suis dans son esprit. je veux pas dormir, je veux pas rêver, mon rêve est douloureux. mes yeux sont tristes, mes lèvres sont serrées. pars pars pars de mon esprit, comme tu peux le faire parfois des heures entières. et viens viens reviens dans ma vie, par surprise. mon calme m'a quitté, où est-il passé ? le sommeil me cherche en vain, où me suis-je égaré ?

06.07.2003

vingt-trois

je pense à elle. cafard. trop envie de lui parler, de savoir comment elle va, comment son année s'est terminée. comment sera sa voix, sa surprise. et la mienne. et si elle me disait qu'elle a rencontré quelqu'un. non, encore trop tôt, la connaissant. mais peut-être qu'elle a changé. peut-être que je ne l'aimerais plus si je la voyais. je me noie-peut-être-si.

pour la première fois en quatre ans, j'ai eu la certitude la semaine dernière que je pourrais tomber amoureux de quelqu'un d'autre. une personne fantastique que j'ai croisée m'en a convaincu. mais j'ai aussi senti que je suis instable, toujours débordant de cet amour qui ne faiblit pas. et cet amour est pour elle, et pas une autre. je dois attendre, patiemment, qu'il s'éteigne. pour qu'un autre, tout aussi sincère, ait une chance d'apparaître ?

je vais l'appeler. dans une heure. demain. ou cette semaine. je vais l'appeler, parce qu'encore, je suis tourné vers elle. mon centre, mon être, mon esprit, ma peau, sont si imbibés de son centre, de son être, de son esprit et de sa peau, que lorsque toute trace d'elle aura disparu, j'ai peur de n'être plus rien de celui que j'étais ou que je suis encore aujourd'hui.

qui pourra m'aider ?

05.07.2003

vingt-deux

combler, remplacer, saturer, submerger, remplir, surmonter, dépasser, repasser, repenser, déconner, décortiquer, tourner, retourner, rigoler, pleurer, souffrir, sentir, sourire, rêver, penser, rappeler, se rappeler, ouvrir, fermer, regarder, relever, se relever, tomber, toucher, partir, aller, revenir, tendre, détendre, entendre, écouter.

samedi, dimanche, semaine, mois, moi, années, jour, seconde, instant, toi, moi, elle, nous, eux, l'autre, larme, lame, soleil, rêve, repas, sommeil, noir.

04.07.2003

vingt-et-un

1h20. calme. fenêtre grande ouverte. la pluie tombe sur le tarmac de la rue. de plus en plus de temps pour trouver le sommeil. j'ai revu des photos d'elle.

je scrute chaque détail, pour essayer de détecter cette empreinte, ce bonheur ou ce manque. ça ne sert à rien, évidemment. seulement à me donner l'envie, une fois de plus, de l'appeler.

elle m'aime. oui... non... peut-être. mais pas assez pour ne pas me quitter, pas assez pour revenir vers moi d'une autre manière, après un an d'aller-retour. mais trop pour croiser qui que ce soit d'autre.

quand je l'ai rencontrée, un déclic a tout de suite eu lieu. à l'époque, elle était célibataire depuis plus de deux ans. et ne cherchait pas.

aujourd'hui, cette faculté naturelle qu'elle a de pouvoir vivre seule, c'est une lame à double tranchant. d'un côté, elle ne peut ni ne veut envisager qui que ce soit d'autre. et par cette faculté de vivre seule, sans doute, cela ne pose-t-il aucun problème. d'une autre côté, un jour... cela arrivera, si pas avec moi.

et je crains, je crains si fort, c'est comme un tremblement contre lequel on ne peut rien, je crains le jour où une photo, une parole, ou un hasard, me diront qu'elle...quels mots employer ? qu'elle est avec quelqu'un d'autre, simplement.

1h25. calme. fenêtre grande ouverte. la pluie a cessé. jusque quand ?

03.07.2003

vingt

j'avais jamais fait ça. toute une douche en pleurant. et m'habiller en pleurant. est-ce que je peux aller travailler en pleurant ?

dix-neuf

nuit horrible, je me réveille avec le corps endolori. je veux me jeter sous la douche et oublier cette fin de soirée, et cette nuit. mais un petit truc me retarde. une boule en moi. je m'assieds. pas envie d'aller bosser. envie de rien. même mes crises de pleurs ne semblent plus me calmer.

ces mots deviennent incohérents, trop fréquents, et inutiles.

j'y pense... j'y pense... que tout s'arrête.

ton visage, mon amour. ta main sur ma joue.

02.07.2003

dix-huit

je pensais être mieux ces derniers jours. vraiment. je me demandais même si j'allais être anxieux à l'idée d'être guéri d'elle.

rien de tout ça à cet instant. en dix minutes tout est par terre. ces derniers jours ont perdu tout leur sens. et moi. je suis...je suis... pas bien. je pleure, j'enrage, je frappe.

durant toute notre relation, nous avons souri, émerveillés de cette source intarissable d'amour l'un pour l'autre, de ce manque que nous ressentions, loin l'un de l'autre. et maintenant je suis là, et rien ne me semble plus maudit que cette source, plus maudits que ces sentiments qui jaillissent sans s'arrêter, de la plaie que je suis devenu. pourquoi... pourquoi ce manque, ce désir, ne peuvent-ils coaguler ?

il me faudra quelques heures, la nuit sans doute, pour revenir à moi, calme. et reprendre le semblant d'unité que je prétends avoir retrouvé, hors de cet espace.

et avec ces mois qui passent, s'amenuisent les possibilités de parler à qui que ce soit. le temps semble me désigner comme seul capable de me sortir de là. Et au même moment, j'ai l'impression de me vider un peu plus chaque jour de ce qui faisait ma force.

dix-sept

inspiration.

je ne sais pas où elle est en ce moment. bruxelles, paris. pas de nouvelles, bonnes nouvelles, pour elle. elle vit bien, sans moi. oh, elle a peut-être envie d'avoir de mes nouvelles, de temps en temps, mais elle n'appelle pas et n'écrit pas. finalement je fais pareil. je vis sans nouvelle d'elle. je n'appelle pas, je n'écris qu'ici.

je me dis que je devrais rassembler ces mots, et les garder sur papier, quelque part. est-ce que je devrais lui envoyer ? lui faire lire ?

il y a tant de trains entre bruxelles, paris et namur. tant de sacs de courrier qui cheminent. tant de connexions téléphoniques qui s'établissent à chaque minute. et pourtant nous sommes là, si isolés l'un de l'autre. ca me fait mal.

expiration.

01.07.2003

seize

je me suis reveillé, et tu étais là, au-dessus de moi. souriante. c'est toi qui m'as réveillé en t'étendant sur moi. pourtant sans sursaut. tout à coup, nos regards étaient l'un dans l'autre, comme il y a si longtemps. je ne crois pas avoir souris, trop surpris.

toi, tu as souris, rassurante. tu t'es approchée un peu plus et tu a déposé un petit bisou, presque sonore, sur mes lèvres. sans attendre tu as continué, un autre bisou, puis un autre. et toute une ribambelle de petits bisous ont atterri sur mes lèvres. mes lèvres toujours fermées, je savourais, abandonné.

puis tu as parlé. tout ira bien. tu verras. puis à nouveau des bisous.

et là je me suis vraiment reveillé. après quelques secondes, j'ai frappé le matelas, dégouté de ce rêve qui, comme les autres, m'enlève au sommeil à l'aube. et le déchirement est si fort que je ne me rendormirai pas, et ce rêve, ou plutôt ce réveil, imprimera à toute cette journée un malaise diffus.

et soudain, si forte, l'envie de t'appeler.